Les quelques personnages emblématiques campés dans cette rubrique ont pour point commun d’avoir non seulement marqué leur siècle et laissé une trace durable dans la mémoire collective, mais également enrichi la vie culturelle, scientifique et économique de Genève, qu’ils aient été genevois ou étrangers.
Issu d’une honorable famille de la bourgeoisie intellectuelle française, il fait ses études de lettres à Paris puis de droit à Orléans. C’est l’époque ou l’Eglise réformée se propage et gagne chaque jour du terrain. Calvin, que la théologie passionne, épouse dès l’âge de 24 ans les thèses évangélistes et décide d’y consacrer sa vie.
Fuyant les persécutions catholiques, il s’installe à Genève en 1536, l’année ou la ville se range du côté de la Réforme. D’abord rejeté pour ses positions trop rigoristes et inflexibles, il revient à Genève en septembre 1541 pour y imposer une autorité incontestable et incontestée.
L’oeuvre qu’il entreprend, avec à ses côtés Farel, De Bèze et Knox est phénoménale. Il met en place un code juridique, réorganise l’Eglise, instaure un régime théocratique austère et discipliné et crée en 1559 le Collège et l’Académie. Bref, il fait de Genève la véritable “Rome de la Réforme”. Il s’éteignit en 1564 et fut enterré avec une extrême simplicité.
A l’âge de 5 ans, il quitte la Russie avec les siens. Après trois long mois de voyage éprouvant, la famille Davidoff arrive à Genève ou le père ouvre un magasin de tabac, boulevard des Philosophes. Ironie du sort, l’un de ses premiers clients fut Lenine. Puis Zino part pour les Amériques : Argentine, le Brésil, et bien sûr Cuba sont ses principales haltes. Pendant cinq ans, il s’initiera à l’art de la culture, du séchage, de la fermentation, des mélanges et de la dégustation du tabac.
De retour en Suisse en 1929, il ouvre dans le magasin genevois de son père un département spécial consacré uniquement aux cigares. La cave qu’il aménage pour entreposer ces cigares dans les règles de l’art est une initiative sans précédent sur le continent.
Vladimir Ilitch Oulianov Lénine 1870-1924
Après avoir passé trois ans de déportation en Sibérie, il s’installe en Suisse ou il fonde le journal “Iskra” et expose dans “que faire” sa conception du parti révolutionnaire.
Après un séjour à Paris, il retourne en Suisse en 1914, d’ou il définit les objectifs des révolutionnaires russes: combattre la guerre et la transformer en révolution. Théoricien politique et homme d’action, Lénine a jeté les bases du système soviétique et fut considéré de son vivant comme le véritable père de la révolution russe.
Lénine vécut à Genève de septembre 1904 à octobre 1905, en 1908 et de févier à mars 1917, ou il fréquenta l’Union des social-démocrates russe à l’étranger. En 1905, il rencontre à Genève le pope Gapone et tente de le convertir à ses idées, sans succès. Il aura également l’occasion de s’entretenir avec Plekhanov, célèbre philosophe russe et principal introducteur du marxisme en Russie.
Sachez enfin que son inscription figure toujours à la bibliothèque universitaire des Bastions.
Né à Neuchâtel le 9 août 1896, Jean Piaget fut à la fois psychologue et pédagogue de l’enfant, théoricien de la connaissance et biologiste. Titulaire d’une trentaine de doctorats honoris causa à travers le monde, et seul professeur suisse à avoir enseigné à la Sorbonne (1952 – 1963), il doit sa renomée internationale à ses recherches sur le développement cognitif de l’enfant. Mais il s’illustra également grâce à ses travaux sur la théologie de la connaissance, mieux connue sous le nom d’épistémologie génétique.
Après des étude à Paris, il s’installe à Genève en 1921 et occcupe le poste de chef de travaux à l’Institut Jean Jacques Rousseau. Dès 1929, il enseigne l’histoire de la pensée scientifique à l’Université de Genève, tout en devenant codirecteur de l’institut Rousseau et directeur du bureau International de l’Education. Désireux d’en savoir toujours plus sur la théorie de la connaissance, il crée en 1955 le Centre International d’Epistémologie Génétique, dont l’objéctif est d’accroître les connaissances dans l’histoire de la pensée scientifique et dans le développement de l’enfant.
Jean-Jacques Rousseau 1712 – 1778
On ne peut écrire sur Genève sans évoquer le souvenir de l’un de ses plus illustres enfants: Jean-Jacques Rousseau. Génial autodidacte, cet homme d’exception innova dans tous les domaines: en philosophie, en musique, en politique et en matière d’éducation. Par ses prises de positions politiques, il a eu une profonde influence sur ses contemporains et demeure l’un des pères de la Révolution française.
Rousseau naît le 28 juin 1712, au coeur de la Vieille Ville. Orphelin de mère et abandonné par son père à 10 ans, il quitte Genève en 1728 et parcourt la plupart des pays d’Europe. Il s’instruit, observe, écrit et affirme de jour en jour son talent et son génie. Rousseau prône le retour à la nature, au libéralisme, et émet des idées très avancées sur l’éducation (l’Emile) et sur la politique (Le contrat social).
Craignant ce souffle révolutionnaire, les autorités genevoises le condamne à l’exil en 1762, alors qu’il vit à Yverdon. Ses oeuvres sont brûlées devant l’Hôtel de Ville. Ne pouvant renier indéfiniment cet illustre citoyen de Genève, les notables genevois finissent par accepter d’ériger une statue en son honneur en 1834, 56 ans après sa mort.
François-Marie Arouet dit Voltaire 1694 – 1778
Poète, historien, philosophe et écrivain, Voltaire est avant tout un intellectuel “engagé”. Engagé dans ses écrits mais également prêt à descendre dans la rue pour défendre ses prises de position, il a développé un véritable militantisme philosophique. Authentique conscience européenne, il n’a cessé de combattre les injustices par l’esprit et les lettres et demeure un digne représentant des Lumières. Son “Candide” reste son oeuvre la plus célèbre.
Banni du royaume de Prusse, il s’établit en 1755 à Genève ou il avait acquis le domaine de Saint Jean, qu’il nomma “Les Délices”. Il y reçoit les personnalités les plus éminentes de la société genevoise et intervient même dans les luttes politiques entre Représentant et Natifs. En 1760, ne pouvant plus jouer les pièces de théâtre qu’il écrit, il quitte Saint Jean pour s’établir dans son château de Ferney (France).
Il y vivra plusieurs années tout en continuant d’exercer une grande influence sur la bourgeoisie genevoise et les ouvriers de la Fabrique (quartier de Sécheron).
D’autres personnages célèbres seront ajoutés prochainement…


